jeudi 21 août 2014

La lutte contre la poubelle atomique de Saint-Priest-Laprugne

En février dernier, la marche médiatisée de Jean-Dominique Barraud, maire de Lavoine,  qui rallia sa commune à la Capitale afin de protester contre un projet d'AREVA visant à assécher le lac de vingt hectares qui recouvre le site de l'ancienne mine d'uranium de Saint-Priest-Laprugne puis à combler la dépression avec des terres de remblais a ravivé dans la Montagne bourbonnaise et bien au-delà le spectre de la Poubelle atomique. 


Ce combat prit naissance à la fin des années 70. En 1979, la COGEMA, planifiant pour 1981 la fin de l'exploitation de la mine d'uranium de Limouzat (ouverte en 1955 sur la Saint-Priest-Laprugne), lança le projet de reconvertir le site en un lieu de stockage de déchets radioactifs. Si à l'époque, une minorité des Prugnards était favorable à ce projet qui, selon eux, aurait pu maintenir une certaine vitalité dans leur commune,un vent de colère ne tarda pas à se lever sur les Bois Noirs où un Collectif fut créé en 1980, notamment par Arlette Maussan. 

Manifestation dans le bourg de Saint-Priest-Laprugne en juin 1980 contre le projet de la COGEMA
A voir également le reportage de l'époque de FR3 Auvergne

De toutes les actions menées par le Collectif des Bois Noirs, je garde le souvenir, comme quelques Lapalissois, d'une manifestation organisée un samedi de foire à Lapalisse en octobre 1980. Les manifestants tambourinant sur des bidons vides organisèrent ce jour là une "opération escargot" sur la place du Moulin. Un incident ne manquant pas de piquant ponctua d'ailleurs cette après-midi d'octobre. Revenant de Lyon dans un véhicule chargé de matériel nautique, le navigateur Eric Tabarly, tomba nez-à-nez sur le barrage des manifestants. Décidant de passer en force, un opposant se coucha alors sur le capot de la voiture de Tabarly et franchit ainsi, en douceur, le pont de Lapalisse, ce qui lui valut par la suite le titre de gloire d'avoir été "le premier à avoir traversé la Besbre avec Tabarly".
Finalement, le projet de la COGEMA fut abandonné en 1984. Depuis lors, le Collectif des Bois Noirs ne baissa jamais la garde face aux dangers liés aux radiations. 

S. HUG