mardi 21 octobre 2014

La gare d'Isserpent


De 1906 à 1939, Isserpent posséda une gare sur le tracé de la ligne de chemin de fer économique de Lapalisse au Mayet-de-Montagne. Le projet de cette ligne, en discussion dès 1882, prenait place dans le fameux Plan Freycinet qui avait pour but de doter la France de l'époque d'un solide réseau de chemin de fer secondaire permettant à chaque chef-lieu de canton d'avoir sa propre gare. Il fallut néanmoins attendre 1899 pour que des études furent lancées par le Conseil Général du département de l'Allier et 1902 pour voir signer le protocole de concession. A l'origine, on prévoyait que la station soit construite à La Chalée ou à Cazot, lieux-dits éloignés de plus de trois kilomètres du bourg. Finalement, le site retenu ne fut distant que d'un kilomètre et demi. La mise en service eut lieu le 1er août 1906. Le trajet Lapalisse-Isserpent ne durait que 25 minutes, puis, en une bonne demie heure, les voyageurs pouvaient continuer jusqu'au Mayet. 
Alors que des automotrices furent mises en service après la Grande Guerre, la ligne commença à être fortement concurrencée par des entreprises locales d'autocars reliant Arfeuilles-Isserpent-Le Breuil-Saint-Christophe-Vichy ou bien encore Châtel-Montagne-Isserpent-Le Breuil Lapalisse. Largement déficitaire, la ligne Lapalisse-Le Mayet fut fermée le 14 juin 1939.

S. HUG

HUGSTEPHANE@aol.com

mardi 14 octobre 2014

La maison des Juges (village du Verger - Arfeuilles)

La Maison Goutaudier dans son jus au début du XXe siècle.  La partie à gauche du balcon comporte de nombreux éléments architecturaux qui rattachent ce bâti à la typologie des maisons-fortes de la fin de la période médiévale.  En effet, Le Verger fut le siège d'un fief et d'une justice qui furent rattachés en 1672 à la seigneurie de Châteaumorand (Châtelus). Cette justice du verger s'étendait sur une grande partie d'Arfeuilles, mais aussi sur Saint-Pierre-Laval et sur Saint-Bonnet-des-Quarts. La galerie-balcon, ornement social de la famille Duvergier, assurait la jonction entre le vieux logis féodal et l'extension paysanne. 

Au village du Verger, sur les hauteurs d'Arfeuilles, le lourd balcon de bois de la maison Goutaudier signala pendant de longues décennies à la population locale le souvenir des Juges Duvergier. Cette vieille famille arfeuillat connut une remarquable ascension sociale durant les deux derniers siècles de l'Ancien Régime. Alors que l'une des branches des Duvergier fit carrière dans le notariat au bourg d'arfeuilles et devint seigneur des Garets, une autre branche occupa plusieurs offices de lieutenants (= juges auxilliaires) de la seigneurie de Montmorillon (Arfeuilles), de Beaupoirier ou de La Chaize (Le Breuil).
La maison Goutaudier présente l'immense avantage de donner une réalité physique à l'exercice de la justice seigneuriale sous l'Ancien Régime. En effet, la très grande majorité des seigneuries étaient de modestes territoires dont l'administration ne reposait très souvent, faute de moyens, que sur les épaules de deux ou trois officiers pratiquant une pluriactivité et issus généralement des rangs de la petite bourgeoisie rurale ou urbaine.

S. HUG